Arch. mun. de Dijon, U 227, f» 8i v : 23 août
3. Arch. mun. de Dijon, B 227, l» 139 : i3 nov. 1589. — Ambassade d'Odebert, Bouhier, Desbarres à la Chambre de ^'ille : discours de Uesbarres.
procliant au président d'avoir traité les conseillers de ville de faquins et de ^eiis de néanl, Montliolon lui répondant ([ue C(>s magistrats faisaient les liais et voulaient (|U(; chacun ploj'dt sous leur couiniandenient '. Les habitants de la ville, prenant exemple sui" leui* municipalité, ne faisaient plus guère cas de la puissance et de l'autorité de la C^our : la déconsidération du Parlement se manifeste dans sa plénitude et son maxiumm au moment de l'allaire La Gauche, en octobre i5()3. Le capitaine La Gauche, condamné à mort par le Parlement, est sauvé et arraché au bourreau grâce à une échaullburée provoquée à bon escient par les i'emmes du peuple et les religieux, qui lui oflVent nn refuge aux Cordeliers -. Cet attentat excita la colère du Parlement et notamment de Montliolon ; la responsabilité de l'enlèvement fut attribuée aux congrégations et aux prédicateurs qui « élevaient le peuple contre le magistrat ))^ Ainsi, toute la ville, d'une façon générale, poussée par les meneurs de la Ligue, refusait de respecter les décisions du Parlement et d'obéir à ses ordres. En même temps, la municipalité dijonnaise usait d'un autre moyen; si la Chambre de Ville, en effet, appelait des députés de la Cour et de la Cihambre des Comptes pour délibérer sur les affaires importantes ^, d'autre part, elle refusait au Parlement, en invoquant les lettres de Henri III, le droit de connaître des affaires concernant le guet et la garde, affaires spécialement réservées à la connaissance des gouverneurs ou des lieutenants-
1. Tteg. du Parlement, III, Sog. Cf. La Cuisine, op. cit., II, i8().
2. Brel'sot, I, 3(j4-9'>- — Cf. Lk're de Raison de D. de Cuny, j). a^i; el suiv.
3. BitELTNOT, 1,395 : 3o oct. i5i)3. — 12 no\-. (finiîiNOT, I, 400) : « Montliolon l'emontre l'injure faile à la Cour. On parle des prêcheurs qui nous ineltaient en buLte contre le peuple, faisans des allusions sur les conseillers d'Aman avec Mardochée, qu'il les falloit attacher au gibet. »
4. Arch. mun. de Dijon, B 74- Quatre extraits (.') janv. i58y; 18 juillet i5yo ; !<!' août i5yo ; itiSfi) des registres des délibérations poui" attester que les députés de la Cour el de la Chambre des Comptes assistent au Conseil de Ville dans les affaires importantes. Cf. Ibid., 226,22;, 228. 221), 23o, 23i, ail.
génôi-aux et, en leur absence, de la Cliambre de Ville'. Tous les moyens étaient bons à la municipalité pour tenter de restreindre la compétence de la Cour ; une all'aire importante à cet égard, est celle de la Gliambrc des pauvres en raison des efforts faits par la Mairie pour priver le Parlement de la présidence de cette Chambre. Le i8 février 1590, à la Chambre des pauvres, l'avocat Jean Prévost, échevin.se plaignant d'un arrêt de la Cour rendu quelques jours avant contre son père, usa de paroles fort injurieuses pour l'honneur des magistrats, ce dont il fut repris par le conseiller Jean Fvot puîné-. La Cour décida d'en informer, en même temps que la Chambre de Ville faisait la même déclaration, « ayant esgard que ladite Chambre des pauvres est dans l'enclos du présent liostel de ville que en icelle ledit sieur viconte niayeur a ce droit de présider »^. Sur le conseil de Sennecey, la Ville décida, pour régler le différend, de s'adresser au roi, Charles de Bourbon*, et tandis que la Cour députait à Mayenne Fvot l'ainé, pour l'informer de la vérité, la Mairie lui envoyait de son côté un échevin, Caillin ". Mayenne, favorable à la municipalité, accorda les lettres patentes interdisant à la Cour de connaître de l'affaire Fyot-Prevost". Forte de ce premier succès, la municipalité se décida à pousser son droit jusqu'à ses dernières conséquences, à mettre à e.xécution le projet qui était déjà explicitement contenu dans les raisons que donnait la Mairie pour obtenir gain de cause auprès de Mayenne, à substi-