‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 12 sur 179 · Auteur d’un dictionnaire français-anglais · texte numérisé non relu

Auteur d’un dictionnaire français-anglais

3. — “ Selon la variation continuelle qui a suivy nostre langage jusque à cette heure, qui peult espérer que sa forme présente soit en usage d’icy à cinquante ans. Il escoule tous les jours de nos mains, et depuis que je vis, s’est altéré de moitié. Nous disons qu’il est asture parfait ; autant en dit du sien chasque siècle.” Montaigne (1533-1592), Essai III, p. 9.

Asture se dit asteure, en Acadie, et signifie à présent, à cette heure.

çaise, qui édictent des décrets suprêmes que les siècles ne modifieront pas.

Vaugelas réglemente sur les formes, les locutions, 1a. syntaxe, le génie de la langue. Ses lois, excellentes pour la plupart, sont, néanmoins, assez souvent, basées sur le conventionnel, 1 où la forme latine — pour parler l’argot scolastique — l’emporte sur le fonds gaulois.

Ce n’est que vers la fin du xvne siècle que parut la première grammaire philosophique du langage, dite la Méthode de Port- Royal, et due à l’érudition d’Arnauld.

A cette date, il y avait plus d’un demi-siècle que la langue d’oui, le “ français de Paris ”, avait été transplanté sur les bords de la baie Sainte-Marie, en Acadie, aussi bien que sur le parcours du fleuve Saint-Laurent, au Canada.

Les Acadiens étaient restés étrangers, et le sont encore aujourd’hui, les paysans, en tout cas, aux efforts des grammairiens pour ordonner et affiner la langue. Le français qu’ils parlaient était celui de leur lieu de provenance. Il n’a guère changé, depuis, aucune influence étrangère n’étant venu, sauf en ces dernières années, depuis la Confédération des provinces canadiennes, (1867), le modifier, ou l’altérer.

1. — D’après Vaugelas, un mauvais raisonnement est un moindre mal qu’un mauvais mot, c’est-à-dire, un mot qu’il n’a pas lui-même élu ; de même que, d’après Malherbe et Boileau, un mauvais vers est celui qui offre la plus légère déviation aux règles arbitraires d’une versification faite pour les yeux autant que pour l’oreille, en dehors du génie de la langue, par conséquent.

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