‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 150 sur 179 · Plafond · texte numérisé non relu

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également. Un bon tambour1 protégeait l’intérieur contre le froid et la neige poudreuse 2, l’hiver.

Tout le tour de la maison était ter rasé, au dehors, avec de Vharbe-outarde 3, lorsqu’on était près du rivage de la mer ; ou avec de la terre bien assappée 4 5, si l’on avait rien de mieux sous la main.

Un article de mobilier qui fait rarement défaut dans une maison, est la chaise à roulettes, que les Canadiens appellent chaise berceuse, ou chaise berçante, ou berceuse, tout seul. L’usage en est, parait-il, de date assez récente, en France. Dans ce cas, nous tiendrions la chaise à roulette des Anglais, qui, de temps immémorial, ont le rocking-chair.

Ce que nous tenons et tenons bien de la France, c’est le châlit, la chose et le nom. Le mot s’applique ici plus particulièrement à la charpente, bas sur pattes, du bois de lit des enfants. Celui du père et de la mère, bâti en hauteur, comme en France, est le lit proprement dit.

Jurements

On dit que l’on ne peut pas relever, dans le répertoire de la langue abénaquise, un seul mot blasphématoire. Les Acadiens, sans pousser aussi loin la crainte et le respect de leur Dieu — la constatation n’est-elle pas de nature à couvrir de confusion les adorateurs du Christ ? — n’ont jamais, non plus, été jurifs °.

Comme Henri IV, à qui son confesseur, le Père Coton, avait fait perdre l’habitude de dire jarnidieu, en substituant son nom, à lui, à celui de la Divinité, ce qui donnait jarnicoton, ils déguisaient leurs jurements de façon à les rendre méconnaissables. Pardienne 6, diantre, saladienne, satrédienne, bouffre, satan-diable, gâche, étaient à peu près les plus gros.

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