LES VIEUX AMIS
A Georges Lorin.
QUAND la neige des ans aura blanchi nos tètes, i Assis au coin du feu, décrépits et voûtés, Loin de tous, las du monde et de ses vanités, Ami, nous parlerons de nos vieilles conquêtes.
Nous ne fumerons plus ; nos goûts seront honnêtes , Et nos cœurs engourdis par les infirmités, Nos vieux cœurs impuissants, à jamais désertés, Ne connaîtront plus rien, ni les deuils, ni les fêtes !
L'âge anéantira les rêves d'avenir
Et nous ne vieillirons que pour nous souvenir.
Contents si le passé laisse une cicatrice !
En buvant, sans plaisir, une tasse de thé, Nous attendrons Tinstant où la mort bienfaitrice Roulera nos fauteuils jusqu'à l'éternité !