SUR UN TRONC DE HÊTRE
DEUX chiffres enlacés creusent l'écorce lisse, Illisibles déjà, tant le tronc a grossi.
Depuis qu'à des serments, effacés eux aussi.
L'arbre indulgent prêta son ombrage complice.
Ils n'eurent qu'un printemps à peine de délice De leur première joie à leur premier souci ; Nul vestige bientôt n'indiquera qu'ici Fleurirent les amours de Robert et d'Alice.
Un soir de rêve, après quelques ans révolus.
Jusqu'au banc familier, qu'ils ne fréquentent plus , Un hasard les ramène ensemble au pied du hêtre ;
Le bois a d'autres fruits, le gazon d'autres fleurs; Et d'autres noms , qui vont à leur tour disparaître , Ont envahi la place où s'embrassaient les leurs.