‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 133 sur 198 · LUNAIRE · texte numérisé non relu

LUNAIRE

JE rêve bien souvent d'une femme mysli^jun Qui glisse autour de moi ses vagues fut iikjs ducs Avec la majesté langoureuse des nues Déroulant dans Tazur leur cortège apathitpie.

Dans ses yeux clairs repose une flamme fvvtRiif[ur, Et je crois voir flotter sur ses lèvres ténm^ Des paroles d'amour vainement retenues , Des effluves d'encens et des airs de cantiqiu\

Mais elle tient toujours vers les cieux ses prurn^llrs^

Et sur ses lèvres les paroles solennelles

D'amour, sans s'exhaler, meurent Tune après l'une.

Et muette, sans voir, elle m'étreint, très kntii Et très douce, inondant ma tète chancelafi(i< Avec ses cheveux blonds enveloppés de liirM.%

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Une machine ingénieuse Qu'un ressort caché fait mouvoir, Une chose très curieuse Qui chemine sans le savoir.

Et tout en moi, par la magie D'un sombre désenchantement, Dans rimmobile léthargie S'endormait éternellement.

Tel qu'un mort dans la fosse noire J'allais bientôt me consumer :

Mon âme ne savait plus croire , Mon cœur ne savait plus aimer.

Mais le jour bleu, charmant et rose, Sait réveiller l'homme qui dort.

En balayant la nuit morose Qui ressemble tant à la mort.

Un amour plus frais que l'aurore Et plus ardent que le midi, Plus pur qu'un ciel que le jour dore^ Recréa mon être engourdi :

L'àme qui croit, l'esprit qui pense, Le cœur qui sent s'est réveillé Sous la tant bénigne influence De mon amour ensoleillé.

CHANT DE MYRTIS

Myrtis, jeune Troyenne, captive d'Ulysse, jetée par une tempête sur

S ne Sle déserte avec quelques compagnons , chante ces stances au lever u soleil.

CE rivage solitaire, Pour d'autres plein de mystère, Est pour moi plein de douceur :

Ici je réponds encore A tes sourires, Aurore, Aurore, ô ma blonde sœur !

Aux lointains pôles des mondes, Sur les plaines infécondes Où dorment les alcyons.

Et sur la terre opulente.

Tu dardes étincelante La flèche de tes rayons.

Dans ta marche triomphale, Douce amante de Céphale, Tu visites F univers; Sous tes baisers Therbe ploie ; Tu môles souvent la joie Aux tristesses des hivers.

Sœur divine de Cybèle, N'est-ce pas que je suis belle, Et que nous nous ressemblons ?

Nos cœurs ne sont point moroses.

Et nous baignons nos pieds roses Dans Teau pure des vallons.

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