MATINÉE DE JUILLET
ON était en juillet, les moissons étaient mûres, Les blés courbaient leur front sous le poids des épis, Et parmi les ronciers tout empourprés de mûres Les grillons s'éveillaient dans leurs trous assoupis*
Les coqs dorés chantaient dans les cours des villafres, La caille rappelait dans Tavoine gaiement, Les cloches des bœufs roux épars dans les herbages Jetaient dans le ciel clair un grêle tintement.
Le grand soleil joyeux souriait dans les chênes, Mettait des diamants aux branches des buissons, La brise s'imprégnait de senteurs de verveines. Les échos répétaient des refrains de chansons.
Et par un doux chemin tapissé d'églantine,.
Parmi des voix d'oiseaux et des parfums de fleurs, Un cercueil s'en allait à l'église voisine D*où des glas un à un tombaient comme des pleurs.
LÉON SÉCHÉ