‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 173 sur 198 · MOBT AU CHAMP D'HONNEUR · texte numérisé non relu

MOBT AU CHAMP D'HONNEUR

C'était un chevalier, si Ton donne ce nom A rhomme de principe et de haute raison Qui regarde le mal en face, Et qui, dans les combats , dût-il être battu, A Tintrigue, au mensonge oppose sa vertu, Laissant à d'autres la cuirasse.

Oui, c'était un Breton dans la force du mot.

Droit de cœur et d'esprit, il portait le front haut,

De fierté n'en ayant aucune Que la fierté permise à tout homme de foi Qui demeure attaché malgré tout à son roi

Et qui le suit dans sa fortune.

Qu'importaient à ce preux les lâches compromis Que les partis passaient avec leurs ennemis

Pour se créer un ministère !

Ses actes, sa parole allaient au même but.

La loyauté, voilà quel fut son attribut.

Enfin c'était un caractère.

Caractère héroïque et fortement trempé,

Que rien n'avait séduit, que rien n'avait trompé.

Politique de couleur franche, Aimant la liberté dans ce qu'elle a de pur, Gomme un fruit que l'on doit cueillir, une fois mûr,

A l'arbre et sans casser la branche.

Qu'il dorme donc en paix le chevalier chrétien Qui resta jusqu'au bout le plus ferme soutien

Du droit légitime qui tombe, Et qui, comme Henri cinq, parlant de son drapeau, Aurait pu dire : Il a flotté sur mon berceau,

Je veux qu'il ombrage ma tombe.

Page 1