‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 174 sur 198 · AMOUR ET PATRIE · texte numérisé non relu

AMOUR ET PATRIE

A M. André Theuriet.

SI j'avais un blason, ce serait ma devise.

Je prendrais un écu sablé d'or et d'argent Sur lequel on verrait courir en s'allongeant, Avec un collier rouge, une levrette grise.

Soldat, j'aurais gravé ces mots sans vantardise . Sur la lame d'acier de mon sabre luisant, Afin que l'ennemi qui dans ma main l'eût prise Connût pour quel amour j'avais donné mon sang.

Mais je n'ai point été gâté par la nature :

J'ai pour tout écusson mes lettres de roture ; Ma plume jusqu'ici fut mon sabre d'honneur.

Ce qui n'empêche pas qu'au bout de ma carrière,

Je veux que ces deux mots soient écrits sur ma pierre,

Comme durant ma vie ils l'étaient dans mon cœur!

CHAULES SlNOm

m CŒLO ET m TERRA

A M* la A. Sûuvestpe.

ON dit cjiie dans Ifi cittl c'est le bonheur suprême, lit que les chérubins prosternés à genoux ^ Adorant le vrai Dieu, sont plus heureux que nous! Moij je ne le crois plus depuis que je vous aînie.

Depuis que dans vos yeux si tendres et si doux J'ai lu de votre cœur le très touchant poème, Depuis que^mon amour, tremblant d'un trouble extrême^ Attendiuit im aveu, je Tai reçu de vous.

Pourquoi donc envier la céleste patrie?

Ici-bas, cher trésor, vous serez tant chérie Que vous ne voudrez pas cV autre félicité.

Pourtant, de notre moude oi tout est éphémère,

Quand nous serons partis, toute une éternité

Je veux que, dans les cieux, vous regrettiez la terre I

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