‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 178 sur 198 · SUR LA MORT D'UN MARIN · texte numérisé non relu

SUR LA MORT D'UN MARIN

JE ne crains pas la mort ; la mort peut être douce Quand on meurt au pays, quand un tombeau de mousse, Arrosé par les pleurs de ceux que nous aimons, Couvre notre dépouille, ou lorsque nous voyons Tous nos amis présents à notre heure dernière. Nous emportons alors avec nous leur prière, Et nous la déposons aux pieds de TÉternel ; Puis nous les attendons au séjour immortel.

Mais pour le malheureux que menace l'orage La mort est bien affreuse, et, malgré son courage, Quand le sombre reflet des sinistres éclairs Montre à ses yeux, béants, les abîmes des mers; Quand il se voit perdu, quand son pauvre navire, x Ecrasé par la foudre, éclate et se déchire, Il cherche autour de lui. La mort seule apparaît! Il pense en frémissant à ceux qu'il adorait... Il était le soutien, l'espoir de sa famille ; Sans lui que deviendront et sa femme et sa fille ! Et de sa vieille mère, ô sombre et triste sort! Qui fermera les yeux à l'heure de la mort?... Il est seul, il périt; pas une main amie N'arrachera son corps à la vague en furie.

Il meurt, et loin des siens, sans amis, sans un seul, La mer lui servira de tombe et de linceul.

SYLVANE

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