AU POETE
POÈTE, enfant chéri de rétemelle Attique, Toi qui souffres le plus des humaines douleurs, Tu caches aux regards tes tourments et tes pleurs ; Tu fais de ton sanglot d'agonie un cantique.
Immortel primitif, dans ton âme ascétique Tu vois les songes bleus crouler sous les malheurs ; Et, le front haut, Tœil sec, superbe en tes pâleurs. Tu vas résolument, fier sous la dalmatique.
Si parfois tu connais louanges et parfums, N'as-tu pas le regret de grands amours défunte? Ton chemin n'est-il pas un chemin de calvaire ?
Cependant, flagellé du rire des passants, Tu chanteras toujours, ô sublime Trouvère, Ton invincible espoir des amours renaissants.