‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 18 sur 198 · MORS, VITA · texte numérisé non relu

MORS, VITA

JE vis la Mort debout dans l'Univers, marchant Comme le moissonneur que chaque été ramène, Et qui parfois, couvant du regard son domaine, S'arrête sur sa faulx pour tàter le tranchant.

Elle riait, son bras implacable fauchant

La profonde forêt des épis lourds de graine,

Et mêlait à son rire une voix surhumaine

Qui semblait un sanglot et qui semblait un chant.

Un vent froid et muet balayait le champ sombre. Tout près — Tune des deux de l'autre est-elle Tombre?- La Vie au clair regard, au pas jamais lassé,

Traversant ITnfini du même geste imniense, Chaque fois que la faux sifflante avait passé, Jetait aux sillons nus la nouvelle semence.

SONNET

k Feyen-Perrîn.

QUAND la fille des eaux, la blonde Aphrodite, Sur l'écume pareille aux corolles écloses.

Dans le rire du ciel et la senteur des roses, Jaillit, belle de grâce et de divinité ;

Quand, jirès des flots muets, dans la sérénité Du sommeil et le frais arôme des chairs roses, Les nymphes s'endormaient, les lèvres demi-closes, A l'ombre, après le bain, aux jours brûlants d'été ;

Ton àmç errait alors dans le souffle des brises Qui, frôlant mollement les nudités surprises. Gardaient, comme un parfum, le reflet des couleurs ;

Et la forme entrevue au vol de Theure brève, Dans le vent de la mer ou l'haleine des fleurs, Charme éternellement le regard de ton Rêve.

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