‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 39 sur 198 · LE DOLMEN · texte numérisé non relu

LE DOLMEN

PENDANT que les guerriers aux fauves chevelures Entourent le dolmen où vont parler les Dieux, La "prêtresse s'avance, en regardant les cieux, Vers Tautel tiède encor des vermeilles souillures.

La blonde Alizia, la prêtresse d'Armor,

A revêtu ce soir sa longue robe blanche ;

Ses cheveux dénoués ruissellent sur sa hanche

Et ses doigts frémissants pressent le poignard d'or.

Dans ses yeux ténébreux luit une flamme verte Et son souffle embrasé soulève ses seins nus. Soudain, elle s'arrête, et des mots inconnus S'échappent sourdement de sa bouche entr ouverte.

Les guerriers sont muets. Dans les bois plus de bruit. Les chênes ont cessé leurs chuchotements vagues Et, sur les rochers noirs, le chant plaintif des vagues S'éteint dans le silence et l'horreur de la nuit.

Car la vierge (TArmor, pâle sous ses grands voiles, Se dresse, Tœil chargé d'une farouche ardeur, Et de Tautel sanglant monte un cri de douleur Vers les Dieux attentifs au milieu des étoiles.

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