NOCTURNE
A Mériem.
LES bois semblent rêver soas le calme des cieux. Des fraîches profondeurs à la colline ardente Pas un bruit ne s'élève, et la brise mourante Arrête dans les airs son vol silencieux.
Je vais par les sentiers que le ciel pur argenté, Sous les étoiles d'or, moins belles que tes yeux, Ces yeux profonds et noirs, toujours mystérieux, Et j'écoute en mon cœur ta douce voix qui chante.
Puis, dans Tenivrement que me verse la nuit.
Au milieu des parfums qui flottent dans les branches,
Parfois je crois saisir tes mains douces et blanches.
Mais quel triste réveil lorsque le soleil luit ! Mon beau rêve s'enfuit dans l'aurore vermeille, Chassé par les sifflets du merle qui s'éveille.
HENRI DRONIOU