COUCHER DE SOLEIL
PAS un souffle dans Tair : nulle feuille ne bouçe. Au-dessus des grands bois flotte une frange rouge. La route est grise, et court à travers les guérets. Tout le long de la haie, un vieux, aux traits tirés Par soixante -dix ans de misères obscures, Et que Tâge, doublé des fatigues trop dures, A courbé presque en deux sur son bâton de houx, Chemine lentement, en tremblant des genoux. Il ne regarde pas les cieux, où la lumière Décroît, tant il connaît leur splendeur cou lumière, Tant il a vu descendre et mourir de soleils.
Et tandis qu'il s'en va, parmi les champs vermeils, Vers l'horizon de pourpre où l'astre en feu se plonge, Son ombre sur le sol est plus pâle, et s'allonge.