STYLE
IL eht cisi^i^ mais dur, Le \v\s (MÏj'iii mis mon Ame; Le tVr s(^ JVirin^ t^ii lu ihimiiK', On ln4ui*r souvent sa laine:
Il sonllV*'. poui" qu'il soif jnir, Ll^ v<*i's uu j il! mis mou tinie,
iVv^ï Taintuir «jui le Uunvn,
La L-olorr li' Iravailli*:
11 fait la l'iuir rauailli* :
Afin qu'il vil>[t' *^t qu'il vaillt^^
Si la pitié li' r+'^vii,
La colri'L* !*.^ tru^aillo.
n a M-ra suil prinN^uips ]\{ i\vun (jui'lqur jlrur somliï'fs MtÉinh' liant t rst dr son oml>re ijnt* lu frondaison rï^ncoiulïn:; St's IVnits lui vi*^muiit du tvmps <Jn'il llrarit ipielqu*' ll<'ui* sonilir*'
RAOUL DK LA 6RASSKRIE. 87
Il se tourmente enfermé Dans une maison étroite, Son allure est raide et droite, Et sa strophe maladroite ; La tristesse Fa semé Dans une maison étroite.
Quan4 Thomme vient à passer, Quand vient à passer la femme , Le vers, sous le souffle infâme, Se referme dans mon Ame ; La page veut s'effacer Quand vient à passer la femme.
Sous un doigt frôle et connu Seulement, il se réveille, La rime apparaît vermeille, La voix chante à mon oreille ; Quand le doigt est revenu Seulement il se réveille.
La haine Téveille arussi , L'indignation profonde ; D'abord il gémit et gronde, Puis maudit et crie au monde , Quand un crime a réussi.
L'indignation profonde.
Hélas ! il ne pleure pas , 11 a perdu la tendresse , Le chagrin môme le laisse , La colère est sa maltresse ; De la suivre il est bien las , 11 a perdu la tendresse.
88 LE PARNASSK BRETON CONTEMPOlïAn.
Mais il est solide et dur,
Le vers où j'ai mis mon âme ;
Il brûle, quoique sans flamme.
Si tu viens toucher sa lame ,
Tu sentiras qu'il est pur,
Le vers où j'ai mis mon àme.