LE MONT SAINT-MICHEL
Qu'il soit Breton, qu'il soit Normand, que Dieu l'apporte, Ou Satan, ou l'archange un soir venu du ciel, Qu'il soit bon ou maudit, voyageur, que t'importe ! C'est le géant en mer, c'est le mont Saint-Michel.
Il habite et remplit seul Tilot qui le porte. Les pieds pris dan» le roc^ la main sur un autel. Et le front découvert, les yeux vers l'immortel. Comme un homme de pierre où l'àme seule est morte.
Il vit dans la marée et les sables mouvants, Il écoute le flux et le reflux des vents.
Il aspire l'odeur croissante de la houle.
Les hommes le voyant captif l'ont tout sculpté, Ont ouvert sa poitrine, en son cœur habité ; Le géant laisse faire et jamais ne s'écrowle.