MADAME SOPHIE HUE
Leur regard est une caresse [^ Leur sourire un rayon. Je croîs Que jusqu'en les cœurs les plus froids Ils feraient germer la tendresse.
Quelle couronne, ami, vous font Ces chérubins aux blondes tètes, Aux lèvres roses toujours prêtes A vous mettre un baiser au front !
Us sont quatre. La fraîche ombelle De nos aubépines des bois Pour le plus vieux n'a que sept fois Refleuri dans Therbe nouvelle.
Sur le même éclat velouté, La même grâce printanière, Chacun d'eux fait à sa manière Des variantes de beauté.
Ils ont le charme irrésistible, Le rire joyeux et si pur Qu'il semble venir de l'azur ; Ils sont l'innocence visible.
Que ne puis-je dire : Ils sont miens !
Et comment vous les chanterai-je ?
Ce sont des amours de Corrège Et ce sont des Anges Gardiens.
On n'aperçoit pas l'aile blanche.
Le jour repliée à leur dos.
Qui, tous les soirs, sur vos yeux clos Mystérieusement se penche,
Kt, ne les rouvrant qu'à demi, Amène en strophes cadencées Ijes hautes et chastes pensées Au chevet du père endormi.
ih^ leur garde un souvenir tendre, Persistant ainsi qu'un parfum; Si je pouvais en choisir un, J<i ne saurais pas lequel prendre.
récrivez des vers triomphants, hésespérez les jaloux blêmes; Le: plus beau de tous vos poèmes Srra toujours vos quatre enfants.
iJ^ VIEUX BRETON DE PLOUGASTLL
A M. Charles du Couédic.
CME\ M \ blancs, bras nerveux, la taille droite et haute Sous la veste de drap bleu ciel.
Il bt^cli lit vaillamment ses fraisiers sur la côte, Le vieux Breton de Plougastel.
Sou ai pent s'allongeait en pointe au fond d'une anse,
A côté d'un bateau pêcheur ; Ll' soleil y versait à pic sa flamme intense,
Le vent du large sa fraîcheur.
Va jt' Ir l'egardais, assise sur la route :
La sueur perlait à son front, Mnis ii ne sentait pas la fatigue, sans doute,
\\n songeant aux fruits qui viendront.