‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 74 sur 198 · ÉLIE · texte numérisé non relu

ÉLIE

Sous le ciel du désert aux rayons aveuglants, Élie, à bout de force et marchant à pas lents , S'écriait : « De mes jours les sources sont amères ; Je ne suis pas meilleur que Font été mes pères. Non, Seigneur ! Détachez mon âme de mon corps, Je n'irai pas plus loin... Bienheureux sont les morts ! » Sous un genévrier il abrita sa tête, Croyant entendre au loin comme un bruit de tempête, Quand le Très-Haut, portant Tombre pour pavillon. Passa dans le nuage et dans le tourbillon.

Un long frémissement ébranla les montagnes , Les cèdres étonnés tremblaient dans les campagnes, Et le Prophèie aussi disait dans son efifroi : « As-tu vu le Seigneur? Tempête, réponds-moi ! Dites, le portez-vous, feux d'éclair et de foudre ; A-t-il déjà réduit les deux pôles en poudre ? Ce tremblement terrible et ce souffle, est-ce lui ? Yerra-t-on le soleil plus pâle qu'aujourd'hui ? Parlez, fiers éléments, répondez au prophète. » Éclatant à ces mots, les voix de la tempête,

lot

Les quatre vents du ciel et les éclairs de feu S'écrièrent : « Mortels ! nous n'avons pas ton Dieu ! »

Élie, en répétant sa plainte lamentable,

Roulé dans son manteau, s'endormit sur le sable.

Ses esprits sont frappés d'une morne langueur ;

Il ne sent plus sa force et plus battre son cœur ;

L'Aine a brisé le corps. Quand tout à coup un ange,

Montrant un pain divin, lui dit : Approche et mange.

Hante dans Israël à qui peut sans rougir

Avant la fin du jour se coucher pour mourir,

A qui laisse la vie et sa coupe encor pleine,

Giige de lâcheté devant la race humaine.

Tu tombes dans Tarène avant d'avoir conquis,

Quand aux morts seulement le repos est acquis.

Rejette loin de toi les plis de ton suaire,

Dépouille ta faiblesse en te levant de terre ;

Allons, debout, et marche ! Au sortir de ce lieu

Tu vas trouver Iloreb, la montagne de Dieu !

Ne crains rien, monte encore, et sur Tardente roche

Le Seigneur te dira : Je t'attendais, approche !

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