‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 73 sur 198 · LES CLOCHES · texte numérisé non relu

LES CLOCHES

(légende du pays de tréouier)

LA voix pieuse, la voix sainte Qiii s'élevait joyeusement, La voix des cloches s'est éteinte Dans un funèbre tintement.

C'est le temps douloureux, la lugubre semaine Où s'émut la nature, où l'on vit autrefois L'Homme-Dieu, se livrant à la souffrance humaine, Pour l'homme expirer sur la croix.

Les cloches se sont envolées ; Les clochers partout sont déserts.

Jusqu'à Rome elles sont allées Par le grand chemin bleu des airs.

Leur foule obéissante à la Ville Éternelle Mystérieusement va se faire bénir, Lourdes cloches d'airain à qui Dieu donne l'aile Pour aller et pour revenir.

Elles vont. Rien ne les arrùvC, Ni l'ouragan torrentiel, Ni la montagne à haute crête.

Elles vont, servantes du ciel.

Les anges, au départ, veillent à leur toilette ; Leur robe d^ baptême en dentelle et lampas Les couvr» 3 nouveau, rajeunie et complète, Roi le les ans n'usent pas.

f02 * \t I^AÊNASSE BRETON CONTEMPORAIN.

Les cloches se sont envolées ; Les clochers partout sont déserts.

Jusqu'à Rome elles sont allées Par le grand chemin bleu des airs.

Les enfants de Tréguier, en Bretagne, heureux âge ! Ton t. joyeux lorsque vient le moment solennel, 1*011!' voir le défilé des cloches en voyage, Grimpent au tertre Saint-Michel.

Ne dites pas que c'est chimère, Que les cloches, on le sait bien, Malgré des contes de grand'mère, N*ont pas ce^vol aérien !

Le cortège attendu jamais ne se dérobe Aux regards enfantins, naïvement pieux ; Et pour les voir passer avec leur belle robe, II suffit de fermer les yeux.

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