‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 77 sur 198 · A LA MÉMOIRE DE LOUIS GÉHENNE · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DE LOUIS GÉHENNE

LE temple est plein de fleurs ! des fleurs, partout des fleurs ! C'est un printemps fauché ! des rayons et des pleurs ■ Un glas sonne, et pourtant, c'est une apothéose : Il est mort à vingt ans, pour la France, à Formose ! Héros, fils d'un héros, il voit sa mère en deuil Se pencher lentement vers son jeune cercueil. Mère qui le berças dans ta jeunesse en fête, Laisse pleurer ton cœur, mais relève la tète ; Tu nous gardes des fils pour Theure des grands jours; Nous ne subirons pas des défaites toujours.

Taisez-vous, chants des morts! C'est une apothéose : Il est mort à vingt ans, pour la France, à Formose!

La mère, à Tœil rougi qui vient d'étinceler.

Se voile et sort du temple ; on n'ose lui parler, Mais la foule s'incline et s'ouvre devant elle : C'est la Patrie en deuil, c'est la fleur d'immortelle ! Qu'importe si, là-bas, ton fils est sans tombeau? Le ciel s'ouvre à celui qui défend son drapeau.

Le drapeau, c'est la foi, le serment, Tespérance, Les aïeux, le foyer; le drapeau, c'est la France! Et quand le soldat meurt loin du pays et seul^ Il a tout, quand il prend le drapeau pour linceul. Ne sonnez plus, ô glas, c'est une apothéose ! Il est mort à vingt ans, pour la France, à Formose

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