‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 88 sur 198 · LES PIERRES DE CARNAC · texte numérisé non relu

LES PIERRES DE CARNAC

A M. de la Villemarqué.

LE soir, vous inspirez une sainte terreur, Colosses de granit aux ombres gigantesques !

Quand la lune sur vous décrit ses arabesques , Le paysan breton se signe avec frayeur.

Un mystère profond plane sur votre horreur.

Êtes-vous les témoins de ces jours titanesques Où le ciel, foudroyant des tourbes soldatesques, Sauva saint Cornély des traits de leur fureur?

Êtes-vous les piliers du temple des Druides ? Ou les stèles d'honneur marquant les places vides Dans les rangs des héros défenseurs du vieux sol ?

Etes- vous les jalons du conseil des Venètes?... Qu'importe, si, par vous assuré de son vol.

L'esprit s'élève à Dieu qui voit ce que vous êtes.

Page 1