‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 94 sur 198 · DANSE BRETONNE · texte numérisé non relu

DANSE BRETONNE

A E. Thieulin.

BINIOUS perçants, aigres bombardes, Sur la grand'route, près du bourg, Unissent leurs notes criardes Aux sourds roulements du tambour.

Les gars vont inviter les filles Comme on les invite là-bas Et, choisissant les plus gentilles.

Près d'elles marchent pas à pas.

Or, Tàme doucement bercée, Yvonne écoute deux galants A la démarche balancée, Qui l'escortent les bras ballants.

Kergorec se penchant vers elle Dit : « Les champs font plaisir à voir.

Srtr, la récolte sera belle ; On battra de brave blé noir. »

Quant à Dourdu, Tœil tout en flamme :

« Yvonne, a-t-il dit, près de vous Un grand trouble me remplit Tâme, Et je sens manquer mes genoux ! »

Muette, Yvonne en fille sage Fixe les yeux sur ses sabots.

Pendant que les binious font rage Et sonnent leurs airs les plus beaux.

« Voulez-vous point danser, Yvonne ? »

Yvonne n'a pas répondu, Mais sans rien dire elle abandonne Son parapluie au grand Dourdu.

Ils s'en vont rejoindre la chaîne.

Et s'éloignent de Kergorec, Mal habile à cacher la gène Qu'il éprouve de son échec ;

Tous les deux, entrés dans la danse.

Se tiennent par le petit doigt, Et sautent, marquant la cadence, Scrupuleusement, comme on doit.

Alors blanc et noir, vert, bleu, rose.

Se développe le ruban

Des danseurs, à bizarre pose.

Et d'aspect gaillard et flambant.

Dans les trémoussements des groupes, Gamme poissons pris au filet.

On voit frétiller sur les croupes Les jupes formant bourrelet :

Parfois un gars, en courte veste Et chapeau rond aux larges bords, Bondit très haut, farouche et leste.

Les bras raidis le long du corps ;

Il sort de sa poitrine nue

Un cri sauvage : « Hou ! hou ! hou ! »

Qui domine la voix ténue

De la bombarde et du biniou.

Et la chaîne toujours ondoie, Avec ses enchevêtrements, Ses replis, ses éclats de joie Couvrant le son des instruments.

Quand la contredanse est finie, Les filles aux gars, à l'écart, Redemandent leur parapluie Avec un suppliant regard.

Dourdu refuse de le rendre.

Yvonne voudrait s'en saisir ; Mais Dourdu se montre si tendre Qu'elle cède... sans déplaisir.

Ils se dirigent côte à côte Vers un sentier ombreux et frais, Où croissent la fougère haute.

Les ajoncs blancs et les genêts ;

Ils entretiennent à voix basse Un dialogue langoureux ; Yvonne rit, Dourdu Tembrasse, En descendant le chemin creux.

Et dans le lointain, les bombardes Et les binious auprès du bourg Unissent leurs notes criardes Aux sourds roulements du tambour.

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Vai le (juiltaidj l'util iuut jrmpli Du IjFuit d<* [curs ai 1rs |ïidssa rites.

C'est la troupe des écoliers,

Qui vocifère et s'époumonne.

En chasse !... Et le fer des souliers

Dans rherbe écrase ranémone,

Et sous des coups multipliés

Le tronc des vieux chênes résonne.

Au grand bruit longtemps entendu Succède un effrayant silence , Puis, tout le bataillon s^élance, L'œil ardent et le cou tendu, A Tassant du pin qui balance Le pauvre écureuil éperdu.

« Un nid ! un nid ! » Clameur de joie , Que répercutent les échos ;...

Et de ces mignons moricauds Le nez fin flairant une proie S'épanouit d'aise et rougeoie Comme en juin les coquelicots.

C'est l'ennemi! Déloge, alerte. Bel habitant des pins fourchus !

Et, comme font les moustachus , Enfonçant tes ongles crochus Dans la molle écorce entr'ouverte , Escalade la cime verte !

Et ne perds pas les étriers !

Compte : Au pied du pin qui te cache,

Cent soixante arbalétriers !

Relève ta queue en panache.

Et, les pattes sur ta moustache ,

Fais la nique à tes meurtriers !

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