‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 97 sur 198 · MATIN · texte numérisé non relu

MATIN

L'île de Noirmoutier, comme une sombre haie, De Pornic, au levant, ferme l'immense baie.

Un gai soleil d'avril se lève... A l'horizon. Les phares, les rochers de l'Ile, noir buisson, Découpent leurs profils aigus comme des branches. La barque d'un pécheur, avec ses ailes blanches, Vole en rasant les flots qu'argentent des reflets : Et le matelot jette en chantant ses filets, Pendant que, sur sa tète, éclatant de lumière, Le soleil rajeuni commence sa carrière, Et, sondeur de l'espace et des créations, Plonge, au sein de l'azur, ses filets de rayons.

JEAN LE FUSTEC

is

(fragment) Sur la lande , le lendemain de Tengloutissement de la ville.

LE LÉPREUX d'iS AUX BERGERS

APPROCHEZ : il est temps que toute oreille écoute. C'est une chose horrible à ce point, que je doute Si j'ai rêvé ce que je dis. . .

Non!... La lune glaçait Teau de sa clarté blonde, «« J'ai bien vu ; maijs je vais terrifier le monde : Is. . . est morte ! . . . la ville d'Is !!!

Is est morte, vous dis-je ! . . . Is, la ville éternelle. L'Océan a jeté son suaire sur elle ;

Et la terre tremblait au bruit.

Is n'était rien de plus qu'un trésor qu'on dérobe. Il la prit, je l'ai vu, dans les plis de sa robe ,

Comme im voleur pendant la nuit !

JEAN LE FUSTEC. Ijl

Morte !... C'est bien fini!... Gardez vos cris de haine, La sainte vérité m'a conduit sous le chêne

Dire ce désastre effrayant.

La cité dont je parle est tombée en ruines ; Is que Ton se montrait des lointaines collines ;

Is qu'on nommait en souriant !

Les voyageurs vequs des pays qu'on ignore, Et qui vous ont jeté quelque salut sonore,

Comme un tintement de grelot; Tous ces navires où, sur des rythmes mystiques, Les rameurs entonnaient des bardits héroïques

En la voyant surgir du flot ;

Tous errent sur la grève, affolés et livides, Sur les rochers muets et sur les plages vides,

Pareils à des ressuscites Qui chercheraient leur àme à Tentour de la tombe ; Personne n'est venu leur dire Thécatombe :

Ceux qui la savent sont restés.

Ils sont restés dans Is ; tous y sont à cette heure Et battent de leur front les murs de leur demeure,

Hagards, béants, les yeux éteints.

Pauvres amours surpris, agapes lamentables !

Et maintenant la mer sur les lits et les tables

Donne à ses monstres des festins.

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