‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 108 sur 217 · JÉRÔME LE GOFF · texte numérisé non relu

JÉRÔME LE GOFF

Soit plus lui, soit plus tai'J — qu'iiuporle daus (pu;! temps?- 0 mon ancêtre, en toi ton descendant salue Et l'ancienne Armorique et ses preux habitants, Breton de vieille roche à Tâine résolue !

0 Forgeron ! tu fus, semblable au dur granit. Ferme devant l'enclume et devant la bataille : Bravoure, force, en toi le Ciel les réunit, Et les plus grands périls convenaient à ta taille.

J'aurais désiré vivre en même temps que toi; Mon honneur eût été de suivre ton exemple : Le corps plein de vigueur, le cœur rempli de foi. Solide à la besogne, et pieux dans le temple!

Mais Dieu n'a point voulu réaliser mes vœux : Que son nom soit béni, sa volonté soit faite!. . . Le sort m'a mis parmi tes arrière-neveux Et n'a voulu de moi faire, hélas! qu'un poète.

Un poète!... Un rêveur!... Un inutile!... — Oh! non, Inutile, jamais Breton ne saurait l'être. Je me souviens toujours du sens de notre nom, Je me souviens de mon devoir, ù cher ancêtre!

Puisqu'à mon jour le sort m'a fait naître ici-bas , Que l'homme, quel qu'il soit, doit remplir une tâche, Je ne voudrai jamais renoncer aux combats : Pas plus que mes aïeux, je ne puis être lâche.

Oui, crois-m'en. Forgeron, source de notre sang-. Dont la main , tour à tour et levée et baissée , Façonnait le métal de son marteau puissant, Ton petit-fds travaille : il forge la pensée.

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