‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 11 sur 217 · PREMIERE COMMUNION · texte numérisé non relu

PREMIERE COMMUNION

A ma Fille.

Comme une aube de mai de fraîcheur tout empreinte, Comme un lis reflétant la pureté des cieux , Gomme une vision douce, aug-élique et sainte, Tu m'apparais, ma fdle, en ce jour radieux.

Quel est donc ce mystère, et pourquoi cette larme Qui de mes yeux, enfant, ce matin a coulé; Et pourquoi dans ton cœur cet indicible charme Qui vaguement peut-être un instant l'a troublé?

Ah! c'est que Dieu, mon ang-e, est entré dans ton âme Pour en faire à jamais un asile sacré; C'est qu'en toi j'ai vu poindre une petite femme. Et c'est pourquoi je songe et pourquoi j'ai pleuré.

Ne grandis plus; demeure ainsi toujours, mignonne; Garde pour nous et Dieu tous tes amours d'enfant, Gardes-en les pensers simples et l'âme bonne, Gardes-en la gaité qui du mal te défend.

LE PARNISSK BRETOTi CONTEMPORAIN.

Bien des jours rayonnants se lèveront, j'espère, 0 ma fille, pour toi dans l'avenir clément; Mais de tous tes bonheurs , crois-en l'aveu d'un père , Celui-ci restera le meilleur sûrement.

C'est que la joie humaine a ses lendemains sombres , Que toujours le revoir est proche de l'adieu; Seuls, les bonheurs que Dieu nous donne n'ont pas d'ombres ; Ma fille, mets toujours ta joie aux pieds de Dieu.

Reste en cette clarté sereine où je t'ai vue,

Le iVonl !)aii;iié d'aurore et h'S yeux pleins de ciel.

Qui Taisaient (ju'on eût dit détaché de la nue

Le voile où tu marchais en allant à l'autel.

EDOUARD BEAUFILS

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