‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 138 sur 217 · SOUS LA MOUSSE · texte numérisé non relu

SOUS LA MOUSSE

Il n'avait pas vingt ans. Longtemps avant l'aurore Il combattait, l'éclair s'allumant en ses yeux, Quand, parmi les clameurs, l'ouragan furieux De la guerre éclatait dans le clairon sonore.

De son sang frais et pur la terre se colore ; Son Ame ardente a pris l'essor mystérieux : Comme en mourant riaient les Celtes, ses aïeux, Couché sur le gazon humide, il rit encore.

Sur la rive d'un lac dont l'étrang-e cristal

Reflète la splendeur du ciel oriental.

On a creusé la fosse où le soldat repose ;

Alentour, dans les bois odorants de santal. Chantent les bengalis^ et sur la tombe close Flotte un souffle divin de lotus et de rose.

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