‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 143 sur 217 · JUSQU'AU JOUR · texte numérisé non relu

JUSQU'AU JOUR

Taisons-nous. Les vainqueurs ont droit d'être charmants. De chanter le plaisir, le vin, les dieux sublimes, Les fièvres du combat, l'ivresse des abimes, L'effroyable beauté des villages fumants.

Laissons ces gais refrains aux bardes allemands ; Qu'ils célèbrent en paix leurs exploits ou leurs crimes : Il est doux de penser qu'ils accouplent des rimes Jusqu'au matni fatal des épouvanteuients.

Nous, notre rôle, c'est d'aiguiser nos épées, De songer à toute heure aux grandes épopées Qu'écrit en traits de feu le glaive souverain,

Et, devançant le jour des revanches prochaines, D'étreindre, l'œil fixé sur la brèche du Rhin, L'implacable étendard des éternelles haines !

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