‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 142 sur 217 · FEMME EN DEUIL · texte numérisé non relu

FEMME EN DEUIL

Sur ses mornes regards un voile est étendu ; D'angoisses et d'amers regrets son âme est pleine; Son cœur, désespérant du jour trop attendu. Bat douloureusement sous la robe de laine.

Oh ! d'un essor de flamme et d'un vol éperdu, Comme à travers l'espace et l'effrayante plaine, Là-bas, à l'Orient, sur le pays perdu Ce pauvre cœur voudrait s'abattre, hors d'haleine !

Sa bouche a murmuré le nom du cher absent. Nom sacré qu'à jamais grave en lettres de sang Le doigt du souvenir au fond de sa pensée,

Et, quand l'aube se lève et quand le soir descend, Sans cesse, elle aperçoit sous le ciel pâlissant La flèche de Strasbourg à l'horizon dressée.

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