BORDEAUX
ON jardin, ombragé sous l'azur d'Aquitaine , Jusqu'en octobre n'est qu'à peine défleuri.
Les érables touffus m'y forment un abri
D'où la ville, à deux pas, semble presque lointaine.
Au désir de repos qui haute un cœur meurtri , A la timidité d'une muse hautaine, Ce réduit, verdoyant comme uu bord de fontaine, En sa grâce d'automne aussitôt a souri.
Lasse du vent amer et du bruit fou des grèves, Mon âme, où l)at encore un ouragan de rêves Dont l'étude et les ans n'ont eu pleine raison.
Mon âme voit ici comme une délivrance Qu'arbres et murs partout lui ferment l'horizon, Puisque toute échappée ouvre sur la souffrance.
Feuillages lourds et mats, verdure aux clairs reflets, Géranium éclatant et sombre héliotrope, Et vous dont le vieux tronc des poiriers s'enveloppe, 0 mes volubilis roses et violets !