A LA BRETAGNE
BRETAGNE, cc quc j'aime en toi, mou cher pays, Ce n'est pas seulement la grâce avec la force, Le sol âpre et les fleurs douces, la rude écorce Des chênes et la molle épaisseur des taillis ;
Ni qu'au brusque tournant d'une côte sauvage. S'ouvre un golfe où des pins se mirent dans l'azur ; Ou qu'un frais vallon vert, à midi même obscur, Pende au versant d'un mont que le soleil ravage.
Ce n'est pas l'Atlantique et ton ciel tempéré,
Les chemins creux courant sous un talus doré,
Les vergers clos d'épine et qu'empourpre la pomme
C'est que, sur ta falaise ou ta grève, souvent,
Déjà triste et blessé lorsque j'étais enfant.
J'ai passé tout un jour sans voir paraître un homme.