‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 177 sur 217 · PAN0RA3IA D'UN BEAU PAYS · texte numérisé non relu

PAN0RA3IA D'UN BEAU PAYS

(PRÉFACK PU SECOND VOLU-MEj

Qu'il est doux de chanter sous le ciel du pays ! 0 brises qui passez sur nos belles campagnes, Eveillez en concert l'écho de nos montagnes. Versez-moi les senteurs, les murmures, les bruits Du val ombreux et frais, de l'océan qui tonne. Et les plaintifs roulis des forêts en automne. IN'ai-je pas comme vous effleuré bien souvent, Dans mes jours fugitifs comme Tonde et le vent,

Les tertres, les bois et les plaines

Où soufflent vos jeunes haleines, 0 brises, portez donc à tous les coeurs épris

D'amour tendre pour le pays.

Portez sur vos folâtres ailes Les fleurs et les parfums que nous avons cueillis

Sur les collines maternelles.

CHEVAUCHEE

A Albéric MaKiiard.

A l'heure où le mystère épais des soirs commence, A travers les brouillards de la lande bretonne, J'ai vu passer, dans l'or fauve d'un ciel d'automne, Des guerriers d'autrefois la chevauchée immense.

Qu'ils étaient grands et beaux, ces preux des temps antiques En leurs yeux rayonnait l'orgueil des fortes races ; Casqués de peau, bardés de fer, sous les cuirasses Lourdes, ils redressaient leurs torses athlétiques.

Et le scintillement échitant des épées

Allumait l'horizon de lueurs triomphales ;

Les vieux chênes courbaient leurs fronts sous les rafales,

Saluant ces héros de vastes épopées.

Les cerfs effarouchés fuyaient par les forières ; L'air vibrait aux appels puissants des cors sonores. Et le vent qui gémit dans les hauts sycomores Mêlait sa voix énorme aux fanfares guerrières.

Ils passèrent longtemps en escadrons sans nombre,

Eblouissant mes yeux à leurs apothéoses ;

Puis la réalité décevante des choses ,

Assaillant leur splendeur, les effondra dans l'ombre

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