‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 178 sur 217 · VERS POUR ELLE · texte numérisé non relu

VERS POUR ELLE

GooD Morning ! . . . Il me semble entendre encor sa voix, Sa voix claire, sa voix vibrante et cristalline ; Je crois voir de ses yeux l'expression câline Et sentir, dans ma main, trembler ses petits doigts.

Quand le soleil riait, le long de la jetée, C'était si bon d'aller promener seuls tous deux, D'écouter la chanson très vague des flots bleus Ou de suivre, bizarre en ses tours anguleux. L'ombre de la falaise au lointain projetée.

C'était si bon, le soir, de rester très longtemps Assis l'un près de l'autre et sans se parler, presque, Quand le couchant peignait sa merveilleuse fresque. Mélangeant les ors mats aux rouges éclatants.

Robe blanche, chapeau blanc et blanche jaquette. Elle était si mignonne ainsi, que les pinsons, En la voyant venir, suspendaient leurs chansons Et, balançant les fleurs aux branches des buissons, S'inclinaient devant elle en leur façon coquette.

Elle était si mignonne ainsi, que j'étais fier Et portais haut la tète en marchant auprès d'elle, Nouant en mon esprit, par un lien fidèle, Les espoirs de demain aux souvenirs d'hier.

Elle était si mignonne ainsi, que les étoiles Arrêtaient leurs regards lumineux sur son front Et que le vent, sur la grève souftlant en rond, Précipitait l'appel cuivré de son clairon, Lançant son nom aux bricks voilés de grises toiles.

Elle était si mignonne ainsi, que j'ai senti Chaque jour, chaque instant, ma tendresse s'accroitre Dans les bleus paradis où mon espoir se cloître Délicieusement mon rêve s'est blotti.

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