‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 181 sur 217 · AU POETE · texte numérisé non relu

AU POETE

N'alanguis pas ton âme à de vaines chimères. Mais, courbant ton vouloir sous des efforts puissants, Chasse la décevante illusion des sens : Car les rêves d'amour, vois-tu, sont éphémères.

Lorsque tu vois, pendus aux seins féconds des mères , Les enfants aux grands yeux d'azur si caressants, Tu les voudrais à toi peut-être et tu ressens^ De vivre délaissé, les tristesses amères.

Mais si le Ciel t'a fait poète, tu dois, seul. Parcourir les sentiers où le rêve te mène , Enveloppé dans Tart comme dans un linceul ;

Reste libre de toute affection humaine

Et, quand la mort viendra, les anges poseront

Le diadème lourd des niaqes à ton front.

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