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LES CHAPELLES BRETONNES

Vous avez visité, certes, des cathédrales. Maisons de marbre et d'or où glissent en spirales Les escaliers du maitre-autel; Ils sont beaux, n'est-ce pas, ces monuments gothiques, Ces frontons découpés, ces trèfles, ces portiques, Ces clochers qui montrent le ciel !

Vous avez admiré les tours de Notre-Dame

Qui semblent deux g-rands bras de géant, et votre âme

Elevait vos pensers vers Dieu ; L'œil fixe, le front nu, vous restiez en extase. Contemplant les vitraux que le soleil embrase

Pour illuminer le saint lieu.

Dehors, les monstrueux profils des arabesques, Cuivres, nains, basilics, chimères gigantesques

Ravis par un ange à Tenfer ; Au dedans, les piliers portant de vastes dômes. Aussi froids et muets que le sont les fantômes,

Immobiles, les bras en Tair.

Croyez-vous qu'il ne soit que ces hautes églises, Vieilles comme le temps, avec leurs rides grises.

Que l'on puisse admirer encor?

Dans mon pays natal, dans ma chère Bretagne, J'aime les vieux clochers perdus dans la campagne

Et la flèche où perche un coq d'or.

J'aime le toit d'ardoise et la porte rouillée, La balustrade en bois, la muraille mouillée

Et le grand saint Roch et son chien ; Puis , le haut bénitier d'une forme grossière, Les saints, les rois, taillés dans une immense pierre.

Menhirs coupés par un chrétien !

Au fond, brillent toujours plusieurs cierges de cire, Devant une madone où le pâtre vient dire

Son chapelet et son Pater ; Au sommet de la voûte, ex-voto des naufrages, Un navire avec ses mAts blancs, ses noirs cordages,

Tourne au bout d'un long fil de fer.

Souvent, pendant le jour, l'humble chapelle est vide Seul, le soleil regarde, au soupirail livide,

L'ange de plâtre d'un tombeau ; Dans une niche à jour reposent les reliques Du patron du village, et quelques mots bibliques

Montrent la place d'un caveau.

Les pèlerins, qui font souvent de longs voyages, Aiment à reposer dans ces frais ermitages

Leurs membres tremblants et lassés.

Et les petits enfants passant sur la colline Viennent prier, le soir, à la maison divine,

Pour les âmes des trépassés.

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