‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 34 sur 217 · LUX ET VIT A · texte numérisé non relu

LUX ET VIT A

LA poésie ardente emporta ma jeunesse.

Elle était née, un jour, d'une larme du cœur. Le soml)re désespoir eût été son vainqueur, Si Dieu n'avait sauvé l'esquif dans sa détresse.

Mais mon front a gardé son cachet de tristesse. Le chant du rossignol ou des oiseaux en chœur, Que leur accent perlé soit plaintif ou moqueur, A peine à soulager le fardeau qui l'oppresse.

Le plaisir, la fortune et la gloire et l'amour,

En vain ont essayé d'embellir ce séjour

Où gémissait, sans fin, mon âme emprisonnée ;

Nul attrait, nulle force et nul enivrement,

Autre que vous, mon Dieu! n'adoucit mon tourment.

Je veux, près de mourir, bénir ma destinée!

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SULLIAN COLLIN

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