SONNET-MADRIGAL
POUR obtenir de vous, mignonne, mon pardon, Voici des fleurs. Hélas I déjà la saison passe. Elles semblaient souffrir, tristes, la tête basse, Quand ma main les cueillit pour vous en faire don.
Et je leur dis alors, murmurant votre nom : (( Craindrez-vous de mourir pour embellir sa grâce? » Le vent, q^ui va toujours chuchotant dans l'espace, Avait parlé de vous, et toutes ont dit : Non.
Mais vous qui les verrez s'épanouir plus belles, Avant que la mort vienne emportant avec elles, Au paradis des fleurs, leurs souvenirs défunts.
Souffrez ({u'auprès de vous leui' amour les attire. Et puissiez-vous leur faire , en leur tendre martyre , L'aumône d'un regard, pourtours derniers parfums.
LOUIS DALÏGAUT