LENDEMAIN DE BAL
A mon ami J. Guy Ropartz.
IL est midi bientôt, et la mignonne dort Sur son lit tout i^arni d'une dentelle rose ; Le soleil, se glissant par la persienne close, Avec les rideaux blancs fait des écliarpes d'or.
L'air rayonnant qui vibre en ce coin de décor Est comme parfumé de lilas et de rose. On dirait voir au ciel la blonde apothéose D'une sainte endormie en les bras de la mort.
Et, tout en souriant des plaisirs de la veille, Après son premier bal^ la belle enfant sommeille. Enfermant dans son cœur, écrin de ses amours.
Le nom du préféré que poursuit sa pensée.
Aux rythmes des accords nonchalamment bercée,
Elle rêve qu'au ciel on valsera toujours.