‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 43 sur 217 · PAYSAGE ARABE · texte numérisé non relu

PAYSAGE ARABE

UN coucher de soleil de couleur amarante. Ni sentier, ni ruisseau, ni verdure apparente ; Un terrain sec, uni, fauve, inculte et gercé. Aucun explorateur n'a jamais traversé De solitude égale à cette solitude.

Rien n'en accidentait l'uniforme altitude, Et le regard, empli d'un morne accablement. Souffrait de voir ainsi, mélancoliquement, Se dérouler cette âpre et stérile nature. Et, là-bas, seul, un cèdre à la haute stature Coupait l'horizontal et flamboyant sillon Qui rayait l'Occident teinté de vermillon, Et, cône ombreux, dressait sa noire majuscule Dans le rayonnement rouge du crépuscule.

Telle, et plus uniforme en ses aspects divers, D'un bout à l'autre bout de l'immense univers , Et comme à la clarté d'un jour mourant d'automne, La vie humaine étend son désert monotone.

HENRI DRONIOU. 45

Lumineux météore impossible à saisir.

L'espoir, obéissant à Fappel tin désir, Eclabousse d'un jet de flamme occidentale Le couchant vers lequel l'homme marche, Tantale Séduit par un prestige ironique et trompeur. Et, braves et poltrons, voici que tous ont peur, Car, inondant soudain de son ombre ag-randie Les lointains que l'espoir doucement incendie, Surgit devant ces cœurs où tout un monde bout, La Mort, fantôme noir à l'horizon debout !

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