STABAT MATER
(tableau de PAUL DEL A ROC II e)
DEVANT ces yeux sans pleurs et ces lèvres sans cris, Chrétiennes qui souffrez, étouffez le murmure. La douleur, la voilà ! la douleur sans mesure : La souffrance et l'amour divinement compris !
(Les mauvais jours.)
JACQUES 1 LEURY
ROTHENEUF
(fragment)
A ma fille Henriette.
SUR les bords de la Manche, auprès de Saint-Malo, J'ai placé mon castel au détour d'un ilôt. La mer, de siècle en siècle, a rongé la falaise Pour coucher mollement et bercer plus à l'aise La vague fatiguée aux coups de tous les vents. Entre deux rocs aigus, quelques sables mouvants, Sous l'assaut éternel des flots, de la tempête. Ont fléchi, puis croulé de la base à la tête. Laissant un grand sillage ouvert au choc des eaux. Comme un vallon se creuse au pied de deux coteaux. L'Océan, goutte à goutte, élargit l'ouverture, Créa le petit havre, orné d'une ceinture De caps inoflensifs, de pointes, de rochers^ Où l'on voit s'abriter la barque des nochers. A peine est-ce la mer, c'est plutôt une esquisse, L'image en raccourci d'un beau lac de la Suisse. J'ai mis là mon logis coquet, mignon, tout neuf, Un peu loin du village. Il a nom Rothéneuf. En face du goulet, sur un terfre, il élève Ses balcons ajourés qui dominent la grève.