‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 58 sur 217 · JACQUES FLEURY · texte numérisé non relu

JACQUES FLEURY

L'œil étonné, ravi, tourne et flotte incertain

Sur les brillants tableaux qui parent le lointain.

A l'endroit où la mer dans ses bornes s'irrite,

On voit à l'horizon l'Océan sans limite

Marier ses flots bleus à la voûte du ciel

Et prendre au firmament un baiser immortel.

Le canot du pêcheur sous la voilure blanche

Suit le souffle du vent, se couche sur la hanche,

Pareil à l'alcyon par l'onde balancé.

S'en va de lame en lame à peine cadencé ;

Tandis que du steamer la masse lourde et sombre

S'enfuit et disparait et sème comme une ombre,

Sur l'écume des flots haletants de stupeur.

Les nuages épais de sa noire vapeur.

Sur les eaux étendue, au loin, lile Besnard Aux assauts de la Manche oppose un fier rempart. Ce pilier de granit aux flancs nus et sauvages Rappelle éloquemment la lutte des orages. A ses pieds dédaigneux, des rocs que les Titans Dans leur fuite ont laissés pour témoins éclatants, L'un sur l'autre entassés dans un désordre informe, Font reculer les flots devant leur masse énorme. Là, le pic de la Chèvre enfoncé comme un coin Semble dire à la mer : tu n'iras pas plus loin ! Là, des blondes moissons couvrent la cime altière; Ici, la lande étale un tapis de bruyère. Revêt de pourpre et d'or la pente du coteau, Peint sur le noir rocher les fleurs de son manteau.

(Réveils poétiques.)

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