‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 62 sur 217 · COUCHER DE SOLEIL · texte numérisé non relu

COUCHER DE SOLEIL

PAS un souffle dans l'air : nulle feuille ne houg-e. Au-dessus des grands bois flotte une frange rouge. La route est grise, et court à travers les guérets. Tout le long de la haie, un vieux, aux traits tirés Par soixante dix ans de misères obscures, Et que l'âge, doublé des fatigues trop dures, A courbé presque en deux sur son bâton de houx, Chemine lentement, en tremblant des genoux. Il ne regarde pas les cieux, où la lumière Décroit, tant il connaît leur splendeur coutumière, Tant il a vu descendre et mourir de soleils. Et tandis qu'il s'en va, parmi les champs vermeils, Vers l'horizon de pourpre où l'astre en feu se plonge, Son ombre sur le sol est plus pâle, et s'allonge.

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