‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 70 sur 217 · RAOUL DE LA GRASSKRIE · texte numérisé non relu

RAOUL DE LA GRASSKRIE

Il se tourmente enfermé Dans une maison étroite, Son allure est raide et droite, Et sa strophe maladroite ; La tristesse l'a semé Dans une maison étroite.

Quand l'homme vient à passer, Quand vient à passer la femme , Le vers , sous le souffle infâme , Se referme dans mon àme ; La page veut s'effacer Quand vient à passer la femme.

Sous un doigt frêle et connu Seulement, il se réveille, La rime apparaît vermeille, La voix chante ù mon oreille ; Quand le doigt est revenu Seulement il se réveille.

La haine l'éveille aussi , L'indignation profonde ; D'abord il gémit et gronde.

Puis maudit et crie au monde , Quand un crime a réussi, L'indignation profonde.

ITélas I il ne pleui-e pas , 11 a perdu la tendresse , Le chagrin même le laisse , La colère est sa maltresse ; De la suivre il est bien las , Il a perdu la tendresse.

88 LK l'ARNASS?: TIRKTON TONTEMPORAIN.

Mais il est solide et dur,

Le vers où j'ai mis mon Ame ;

Il brûle, quoique sans flamme..,

Si tu viens toucher sa lame ,

Tu sentiras qu'il est pur,

Le vers où j'ai mis mon âme.

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