‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 71 sur 217 · LE MONT SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

LE MONT SAINT-MICHEL

Qu'il soit Breton, qu'il soit Normand, que Dieu l'apporte, Ou Satan, ou l'archange un soir venu du ciel. Qu'il soit bon ou maudit, voyageur, que t'importe I C'est le géant en mer, c'est le mont Saint-Michel.

Il habite et remplit seul l'ilot qui le porte, Les pieds pris dans le roc, la main sur un autel, Et le front découvert, les yeux vers l'immortel, Comme un homme de pierre où l'âme seule est morte.

Il vit dans la marée et les sables mouvants, Il écoute le flux et le reflux des vents. Il aspire l'odeur croissante de la houle.

Les hommes le voyant captif l'ont tout sculpté, Ont ouvert sa poitrine, en son cœur habité ; Le géant laisse faire et jamais ne s'écroule.

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