‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 72 sur 217 · LA CONSOLATRICE · texte numérisé non relu

LA CONSOLATRICE

LE front baissé, pâle, assombri, J'allais sans force, sans courage, Et sur mon cœur endolori S'étendait un épais nuage.

Cependant l'été radieux Devant moi déployait ses charmes.

Qu'étaient ses charmes pour mes yeux.

Où je sentais sourdre des larmes ?

Car les hommes m'avaient blessé , Blessé jusqu'au fond de mon âme.

Pour refaire le sang versé , Ah ! qu'il fallait un fort dictame !

Je craignais qu'il n'existât pas.

Dans la cité, dans la campagne, Mort vivant, je traînais mes pas, Quand tu vins, ù douce compagne.

90 LE PARLASSE TIRETON rONTEMPORAIN.

Messagère du paradis,

Souveraine consolatrice,

Tu vins, ô Muse, et tu me dis :

« Dieu veut que ma main te guérisse.

« Donne un grand exemple à tes fils, « Et quand la douleur va t'abattre, « Jette un coup d'oeil au crucifix :

(( Tu n'auras plus peur de combattre.

« Ceux que tu croyais tes amis

« T'ont trahi d'une indigne sorte?

u Eh bien ! plains-les du mal commis ,

« Puis que ton aile au ciel t'emporte ;

« Aile ardente que si souvent

« Tu te plaisais, dans ta jeunesse^

u A faire bercer par le vent...

« Il faut que ce doux jeu renaisse.

« Il faut, mon poète endormi, (( Que ton lourd sommeil se secoue ; (( Il faut que ton cœur raffermi « Plane et chante, loin de la boue.

« Dieu ne fait pas briller en vain

« Son soleil, ses astres, ses roses...

(( Que l'aspect de l'œuvre divin

u Ecarte tes pensers moroses.

(( Dis-nous le bien, peins-nous le beau.

« La Vendée est là qui t'appelle :

« Tu n'as pas tiré du tombeau

« Tout ce (pii l'a faite immortelle.

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