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Sous le ciel du désert aux rayons aveuglants, Elie, à bout de force et marchant à pas lents, S'écriait : « De mes jours les sources sont amères; Je ne suis pas meilleur que l'ont été mes pères. Non, Seigneur ! Détachez mon âme de mon corps, Je n'irai pas plus loin... Bienheureux sont les morts ! » Sous un genévrier il abrita sa tète, Croyant entendre au loin comme un bruit de tempête, Quand le Très-Haut, portant l'ombre pour pavillon. Passa dans le nuage et dans le tourbillon. Un long" frémissement ébranla les montagnes , Les cèdres étonnés tremblaient dans les campagnes, Et le Prophète aussi disait dans son effroi : « As-tu vu le Seigneur? Tempête, réponds-moi ! Dites, le portez-vous, feux d'éclair et de foudre ; A-t-il déjà réduit les deux pôles en poudre ? Ce tremblement terrible et ce souffle, est-ce lui? Verra-t-on le soleil plus pâle qu'aujourd'hui ? Parlez, fiers éléments, répondez au prophète. » Eclatant à ces mots, les voix de la tempête,
toi LE PARNASSE nRETON CONTEMPORAIN.
Les quatre vents du ciel et les éclairs de feu S'écrièrent : « Mortels ! nous n'avons pas ton Dieu ! »
Élie, en répétant sa plainte lamentable,
Roulé dans son manteau, s'endormit sur le sable.
Ses esprits sont frappés d'une morue langueur ;
Il ne sent plus sa force et plus battre son cœur ;
L'àme a brisé le corps. Qhuiud tout à coup un ange,
Montrant un pain divin, lui dit : Approclie et mange.
Honte dans Israël à (pii peut sans rougir
Avant la fm du jour se coucher pour mourir,
A qui laisse la vie et sa coupe encor pleine,
Gage de lâcheté devant la race humaine.
Tu tombes dans l'arène avant d'avoir conquis,
Quand aux morts seulement le repos est acquis.
Rejette loin de toi les plis de ton suaire,
Dépouille ta fail)lesse en te levant de terre ;
Allons, debout, et marche ! Au sortir de ce lieu
Tu vas trouver Iloreb, la montagne de Dieu !
Ne crains rien, monte encore, et sur lardente roche
Le Seigneur te dira : Je t'attendais, approche !
L'l^:a YPTIENNE MOURANTE
Aux dieux de l'A menti, dieux du ciel funéraire, J'appoi'te j)our oll'r;inde un bouquet de Lotus. Que les yeux «l'Osiris et le disque solaire Soient tracés près de moi. sur les longs papyrus.
Je vois la mort venir et j iisj)ire à lit tombe; Préparez le natriim et h's parinms Itrùl.uits, ('ar déjiV siu' mon srin ma tète (pii retondre Sent du dernier sommeil les songes accablants.
LOUISE d'isolé. lOo
La vie a cepeudant laissé sa signature Sur ma lèvre encor rouge ; oruez-nioi de bijoux ; Aux profanes regards cachez ma sépulture ; J'appartiens désormais au silence jaloux.
Emprisonnez mon corps dans le fin lin d'Egypte; Mettez des chaînes d'or à mes pieds, à mes bras, Et puis, sur les parfums, vite fermez la crypte, Afin qu'une autre vie en moi ne rentre pas I