LE MYSTERE DE LA VIE
SOLEIL, indi({ue-moi l'origine de l'être : Chaleur, humidité, mystérieux ferment , Principe de la vie, ose donc apparaître A mon regard chercheur; je le veux ardemment.
Partout j'entends ce mot : Progrès de la science ! L'esprit doit tout sonder, le passé, l'avenir ; Tout savoir et tout dire; il va sans défiance Par des chemins nouveaux; sait-il en revenir?
Le siècle sur le siècle a jeté sa poussière; L'antiquité visait au but que nous cherchons ; Cependant l'inconnu, devant notre àme altière, Se dresse impénétrable et toujours nous marchons.
D'où viens-jeici, que suis-je, insoluble problème, Aux chrétiens seulement par le Christ révélé. Qu'il démontre la vie en un seul théorème Et le savant triomphe ou demeure accablé.
Mais je le cherche en vain, le germe de la vie, D'âge en âge brisé, d'âge en âge vivant; n Immortelle et mortelle, existence ravie Qui semble disparaître en un souffle du vent.
Nous reprochons à Dieu de créer le mystère. D'entraver la raison en imposant la foi, Quand nous ne pouvons pas comprendre de la terre Le passé, le présent, l'avenir et la loi.
Si je veux un instant regarder vers l'espace, Au-delà de ce que nous appelons les cieux, Dans un abîme noir devant moi tout s'efface, Tout mon être frissonne et recule anxieux.
Notre savoir est nul devant ce vide immense, Lacune de l'esprit que rien ne peut combler. Secrets de l'univers, secrets de l'existence. Je sens eu vous cherchant mon esprit se troubler.
LÉO KERMORVA^