SONNET CORNOUAILLAIS
LES filles de Fouesnant sont belles. Il faut voir Sur leurs fronts blancs flotter la coiffe auxgrandes ailes Et leur rire sonore, en venant du lavoir, Agacer les galants qui marchent après elles.
Charmantes sont aussi celles de Ploaré, Dont le clocher domine une mer non pareille. Celles d'Eiliant, vieux bourg dans les bois encadré, Savent des chants plaintifs qui sont doux à l'oreille.
Je suis un pâtre obscur ; mais j'aime mieux encor. Quand je rêve accoudé dans la lande aux fleurs d'or, Sur la Montagne Noire où les vents sont en fête,
Tina, fille d'Edern, dont l'œil triste est si noir. Qui passe sérieuse, en me disant : Bonsoir! Et dont la voix s'entend, frêle, dans la tempête.
RENE KERYILER