PREFACE
Interpone tiiis interdinn gandîa curift.
Ne faut-il pas, dit 1e proverbe latin, entremêler de temps en temps le plaisir au travail ? Ne devons-nous pas chercher parfois, ainsi que le conseille Hippocrate, la santé dans le rire ? En un mot, le rire a-t-il cessé d'être salubre ?
Telles sont les questions que je pose à mes confrères qui auraient quelques tendances à critiquer les contes plus ou moins gais contenus dans ce recueil.
Je le reconnais franchement, quelques-
uns d'entre eux sont grivois, anacréontiques ou gaulois, et je n'hésite pas à déclarer que le premier devoir de la mère sera d'en défendre la lecture à sa fille. Je ne trompe donc personne, mais j'espère que ceux qui aiment la gaieté m'approuveront, et que ceux qui la fuient m'excuseront en faveur de rintention.
Je crains un reproche plus sérieux, c'est d'avoir introduit dans le volume des pièces surannées et ayant déjà figuré dans plusieurs recueils. Cela peut être vrai pour quelques morceaux empruntés aux auteurs du xviii° siècle ; mais je ferai remarquer que j'ai tenu avant tout à réunir tout ce qui, de près ou de loin, se rapproche de la profession ridiculisée par notre grand Molière. J'ajouterai qu'un
grand nombre de Morceaux choisis sont absolument originaux et inédits. Tels sont l'Air natal, ]r Précaution, la C onsuUation médico-légale et plusieurs autres. En ce qui concerne les nombreux emprunts faits à la muse si franche el si médicale de nos aimables confrères Camuset et Witko^vski, j'espère que personne ne s'en plaindra. Je citerais bien encore quelques Parnassiens qui ont largement contribué à enrichir ce recueil, et dont la poésie anacréontique a souvent fait les délices de nos réunions pantagruéliques; mais j'ai peur de blesser la modestie de mes maîtres et amis, Tvl..., G..., B... ; qu'ils se reconnaissenteux-mêmes par ces initiales, et acceptent mes sincères remerciements.
En somme, ce recueil n'a d'autre pré-
tention que de servir de passe-temps à nos confrères et de faire disparaître les nuages qui obscurcissent parfois le front des nobles disciples d'Hippocrate. Puissent ceux-ci le lire avec autant de plaisir que j'en ai eu à le préparer pour eux!
D' Minime.
LE
PARNASSE HIPPOCRATIOUE