LE CHOIX D'UNE STATUE
arquoi,me direz-vous, toujours parler de nonne: Et de moines et de couvents ?
Pourquoi ' mordieu ! C'est qu'elles sont si bonne
Leurs histoires ! De tous les temps Sar eux on fit des contes ravissants.
Les paladins de Charlemagne Et tous les Laras de l'Espagne, Artus, voire même Roland, Ne firent jamais de merveilles Que Ton puisse tenir pareilles A celles des nonnes de Gand.
A quel ordre appartenaient-elles?
Mais... à celui de Saint-François...
N'est-ce pas ce grand saint, je crois, Dont les vertus surnaturelles, A répoux qui n'en avait point, Accordait des fils et des filles, Quand les femmes étaient gentilles, En leur prêtant sa chausse et son pourpoint. Oui, c'est cela, lecteur, et vous tenez le joint . Or, maintenant voici le conte Que je brûle de raconter, Et que vous grillez d'écouter...
N'y mettons pas de fausse honte...
Donc, les nonnes de ce couvent Possédaient une galerie De nobles saints bien assortie, Et dont l'aspect était charmant...
Des vieux, d'autres pleins dejeunesse, Puis des chauves et des barbus, D'aucuns, mépriseurs de richesse.
Enfin un recueil de vertus. .
Ft puis encore de chaque nonne, Et le patron et la patronne, Dans Inurs niches bien installés, Bien vêtus et bien constellés, S'offraient aux yeux émerveillés !...
Mais comme il n'est pas en ce monde Pour aucun de bonheur parfait, La mère, un soir faisant sa ronde, Fit tomber le saint qu'elle aimait, 11 se brisa sur le parquet...
— Venez vite ! sœur Isabelle, Courons ensemble, lui dit-elle, Il faut aller chez le sculpteur Pour réparer notre malheur...
— Mais il est tard, ma bonne mère, Et la nuit va bientôt venir.
Comment faire pour bien choisir ?
— On se servira de lumière
S'il le faut..., mais venez, partons.
Et les voilà, presque à tâtons, Arrivant chez le statuaire, Devant qui, juste à ce moment, Posait lin modèle charmant Et dont la force musculaire Le jetait dans l'étonnemeut.
Imaginez-vous un jeune homme De peau blanche et brun de cheveux, Ayant la fraîcheur de la pomme, Un éclair d'amour dans les yeux, Une taillefine et bien prise.
Petits pieds et petites mains, Des lèvres rouge de cerise, Posé carrément sur ses reins...
Au bruit que firent les nonnettes.
En apercevant leurs cornettes^ Le modèle fut, d'un seul bond, Dans une niche, vers le fond De l'atelier, et puis là, sans mot dire, Quoique bien désireux de rire, Dénué de tout vêtement, Il attendit le dénouement.
— Que me veut madame l'abbesse?
Demande le sculpteur ému, Tremblant que la mère l'eût vu.
— Le voici... j'ai, par maladresse, Brisé notre saint vénéré
Ed voulant le changer de place ;
11 faut donc que je le remplace.
J'en veux un fait selon mon gré,
De pierre, de marbre ou de pâte ;
Mais vite, choisissons, j'ai hâte...
Et le sculpteur, embarrassé,
Va projetant une lumière, A droite, à gauche, en avant, en arrière, Tout bas disant : où diable est-il passé ? Quand, tout à coup, la novice nonnette Isabelle s'écrie : — Oh ! oui, c'est bien cela, Voyez, ma mère, en cette niche-la, De votre saint une image parfaite ; Son regard prie et sa langue est muette...
Pour nous, sculpteur, vous Tavez fait exprès ; Tout est au mieux, sa pose, sa stature... Et puis je vois... on pourra, je vous jure, Y suspendre nos chapelets !...
{Les Contes gaidois.)
LERREUR
Chez un docteur des plus fameux, Le paysan Guillaume, un matin, se présente; La démarche est toute tremblante, Il a des larmes dans les yeux.
« Voyons, dit le docteur, pas de peur ridicule; « Qu'avez- vous? Dépêchez, vous voyez qu'on m"at-
[tend.
;< — Ce que j ail lui répond Guillaume, en hésitant. « — Allons, vite, en deux mots. — Docteur, j'ai la
[fistule.
« — Ah! déshabilkz-vous. — Plait-iV. — Vite. —
[Comment, Que je me déshabille^! — • Eh bien, assurément! Comment voudriez-vous... Otez-moi votre veste. — Hein ! Eh ! quoi ma veste'! — Oui, le gilet et le
[reste.
Le reste'^ — Oui, sans doute. — Aussi le pantalon! C'est drôle tout de même. — En finirez-vous ?. . . Bon .
« Maintenant, avancez. Mettez là votre tète « Au fond de ce fauteuil. Très bien, comme cela, « Le reste en l'air. — Que fdois avoir Vair héte, « Se dit le paysan, dans cette pose-là\ [brute,
« — Levez votre chemise. — Ah\ maisnonl — Triple « Fais ce que je te dis. Guillaume s'exécute. « Maintenant, procédons... — Mais vous me far-
[fouillez !
« — Te tairas-tu, misérable imbécile !
« — Mais vous me chatouillez l « — Te tiendras-tu tranquille! »
Et d'un index intelligent Tout à son art et sans scrupule, ]1 examine à fond le pauvre patient :
Mais il a beau cherché, pas la moindre fistule. Il prend sa loupe, il tâte encor, « Mais tu n'as rien ; « Que viens-tu me conter, drôle ? — Je le sais bien. « — Te moques-tu de moi? — Moi, bon Dieul — Toi
[sans doute!
<' — Excusez, docteur, mais vous faites fausse route, « Dit Guillaume, le nez toujours dans son fauteuil, « Ce nest pas au c..., c'est à VœiV. »
Louis MONROZE,
(Anecdotes médicales.)
LE ROI SULFUR
l'rafj i-Com éclie dermatologique .
Représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Salle de garde de l'Hôpital Saint-Louis le ler avril 18...